Un battement de cils

Un battement de cils. Une fraction de seconde. C’est parfois le temps qu’il faut pour que tout bascule.

Parfois, sans comprendre pourquoi, le ciel s’assombrit, et sans crier gare le diable rentre dans nos maisons. Il s’invite à nos tables,  il dort à nos côtés… Il est un père, un oncle, un cousin, un ami…

Parfois sans s’en rendre compte, une route qui semblait droite devient tortueuse et sinueuse…. La terre semble se dérober sous nos pieds mais nous sommes là, enchaînés sans être capable de bouger. Il faudrait fuir, mais nous restons. Par amour, par peur, car nous voulons le « sauver » ou pour les trois à la fois.

Nous sommes des témoins ou des victimes de ces violences physiques et/ou morales, de ces « passions amoureuses » destructrices, de ces jeux malsains où amour et haine se confondent, où destruction et résurrection se côtoient. Un jeu dans lequel il n’y a ni victime ni bourreau car les rôles changent sans arrêt. Ce dont je suis certaine, c’est que c’est un jeu auquel il n’y a pas de gagnant et beaucoup de dommages collatéraux.

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Car devant ce spectacle hallucinant et irréel il y a des enfants, vulnérables, incapables de comprendre/réaliser en conscience ce qu’il se passe et pourtant capable d’absorber l’atmosphère qui règne.

J’ai vu un homme et une femme se déchirer, se blesser, perdre la raison, baver de rage. J’ai vu beaucoup de vaisselle brisée, j’ai entendu beaucoup de menaces, j’ai vu des coups des deux côtés.

Et le lendemain je les voyais s’aimer plus que tout. Comme si rien n’avait eu lieu, comme un mirage, une amnésie.

Aucun repère, aucun panneau de signalisation, c’est comme marcher sur des sables mouvants… Imprévisibles sont leurs colères, indomptable est la violence… tel un raz de marée, un tsunami qui englouti les rires et les sourires sur son passage. On passe d’une dimension à l’autre en un claquement de doigts.

J’ai eu si peur… Si peur… J’ai ressenti la mort si proche parfois… Ils répondront que : « non, ils ne seraient jamais aller jusque-là ! ».

J’ai eu tellement de colère en moi, j’ai tant voulu crier, mon corps entier souffrait, je vivais dans la peur d’un drame.

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Je croyais avoir guéri avec le temps, je pensais avoir pris du recul,  je croyais réussir à avoir du discernement… Mais j’ai été confronté à une situation récemment, qui m’a ramenée 10 ans en arrière quand j’ai vu cet enfant pris entre des parents incapables de se maitriser, de se raisonner.

Je l’ai vu, je l’ai pris dans les bras, si petit, si fragile, et je me suis demandé quel serait son avenir ?

J’ai eu envie de pleurer. Mon corps s’est mis à trembler, ma gorge s’est nouée et je n’arrivais plus à respirer. C’est là que j’ai compris qu’on ne guérissait jamais vraiment. Que les dommages seront toujours là, irréversibles.

Un battement de cils.

 

15 Commentaires

  1. Irène

    C’est affreux de se rendre compte qu’autant de parents en sont inconscients… Apportons tout le soutien que nous pouvons à ces enfants. Parfois ce n’est pas symétrique et c’est peut être (enfin je ne sais pas si on peut hiérarchiser, sans doute pas) encore pire, voire l’un des deux, souvent sa mère, être en danger psychologique, peut être physique sans qu’on le sache. De grosses pensée.

  2. Pêche & Églantine

    Je n’ai pas de mots pour décrire le coup que ton article a eu sur mon coeur.
    Je n’ai pas de mots pour exprimer le mélange de colère et de tristesse qui s’empare de moi.
    J’ai juste quelques mots pour t’écrire ces lignes. Simplement te dire cela, sans rien pouvoir faire de plus…

    Pêche

  3. Marie Kléber

    “mon corps s’est mis à trembler, ma gorge s’est nouée et je n’arrivais plus à respirer”
    C’est ce qui arrive quand on se trouve à nouveau confronté à quelque chose de si douloureux.
    Oui la vie peut basculer d’un coup. La violence détruit tout sur son passage. Elle laisse des victimes silencieuses sur le bord du chemin.
    Un article poignant.

    • sarahBlogger

      Merci Marie,

      C’est fou de se rendre compte que des années après ça fait toujours aussi mal !

      Belle fin de semaine

  4. Guérande

    Très touchant comme texte , la violence même quand ceux sont de simple mots échangé peuvent baisser les petites oreilles qui entendent tout .

    • sarahBlogger

      Oui c’est vrai et parfois on ne s’en rend compte que bien après :/

      Grosses bises Guérande <3

  5. Cléa

    Je t’envoie, le plus ENORME des câlins par télépathie. Parce que je sais ce que ça fait d’être prise d’assaut par des souvenirs, des choses qui n’étaient pas si importantes, des trucs qu’on aimerait avoir oublié pour toujours. Et je sais comme ça fait mal, comme on se sent adulte et pourtant vulnérable. Toute, toute, toute belle-biche. Je t’envoie ma tendresse comme s’il en pleuvait.

    • sarahBlogger

      Ohhhh merci ma belle, pour tes mots, et ton gros câlin que j’ai bien réceptionné 🙂

      Très belle fin de semaine <3

  6. Marie E.

    Des mots si percutants et si poignants. Un billet très touchant Sarah. La violence quelle soit physique ou morale marque énormément les esprits et peut parfois avoir des conséquences irréfutables…
    Je t’embrasse.

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