Peur, stress, angoisses et autres parasites

Dans notre vie, nous avons tous des peurs qui nous freinent, des combats à mener, des moments de vide, de désespoir auxquels viennent se mêler des sentiments tels que l’angoisse, et le stress… pour certains, cet état de stress devient même permanent et handicapant !

Si j’aborde ce sujet avec vous aujourd’hui, c’est que moi-même, je suis d’un tempérament extrêmement anxieux à tel point que cela a été un réel frein dans ma vie… et que depuis des années j’élabore des stratégies, je teste des solutions pour m’en sortir. J’ai donc décidé de partager avec vous les choses, les stratagèmes que j’ai appris durant toutes ces années pour apprendre à calmer ces crises d’angoisses ! En espérant que cela pourra vous servir et vous faire sentir moins seul si vous êtes concernés par ce phénomène !

L’angoisse qu’est-ce que c’est ?!

D’après le dictionnaire Larousse, l’angoisse est : « Un sentiment pénible d’alerte psychique et de mobilisation somatique devant une menace ou un danger indéterminés et se manifestant par des symptômes neurovégétatifs caractéristiques (spasmes, sudation, dyspnée, accélération du rythme cardiaque, vertiges, etc.) ».

En effet le Larousse résume plutôt bien le phénomène. Évidement il existe différents niveaux de stress ainsi que différentes façons dont il se manifeste ! Je dirais même qu’il y a autant de formes de stress que d’individus sur cette Terre.

Pour ma part, l’angoisse se manifeste comme un tsunami qui engloutit tout sur son passage sans épargner une seule parcelle de mon corps… j’ai du mal à respirer, j’ai une boule dans la gorge, j’ai l’impression de devenir toute pâle, je tremble parfois, mes mains deviennent moites, mon cœur s’emballe, j’ai des vertiges, mal à l’estomac… Et encore la liste n’est pas complète !

Ce que je peux dire également, c’est que les personnes ayant tendance à subir ce genre de crises au quotidien vivent cela comme un handicap. Ce qui, en fin de compte n’est pas complétement faux, surtout quand on est jeune. Cela engendre souvent des problèmes scolaires (absentéisme fréquent, voir déscolarisation) des problèmes sociaux (du mal à sortir, à se faire des amis, à faire parti d’un groupe…) des problèmes familiaux (incompréhension de la part des proches entrainant souvent l’isolement de la personne qui souffre), des problèmes physiques et psychiques (TOC, prise ou perte de poids, anorexie, boulimie, prise de drogues et d’alcool, dépression…) et enfin le suicide dans certain cas.

Bref, ce sentiment à vivre au quotidien devient rapidement épuisant !

le-stressPin It

Un bout de mon histoire :

Je ne tiens pas spécialement à parler de moi, mais je pense que cela est important pour vous qui me lisez (surtout si vous-même souffrez d’angoisses etc) de voir que je sais de quoi je parle.  Alors, je me lance : Pour ma part, j’ai toujours vécu avec ces crises d’angoisses (d’aussi loin que je puisse m’en souvenir), cette anxiété permanente, qui m’a longtemps gâchée la vie.  En 22 ans d’existence sur cette terre, je n’ai jamais vécu sans psy ou thérapeute, c’est pour vous dire !

Au début, quand j’étais enfant, vers mes 5/6 ans, quand une crise d’angoisse surgissait de nulle part, je ne réalisais pas ce qui m’arrivait. Je ne savais pas mettre de mots précis sur ce que j’étais en train de vivre tellement c’était abstrait et absurde ! Après tout, pourquoi une petite fille en classe de CP ayant une vie tout à fait normale irait faire des crises d’angoisses ? Ce n’était pas logique. Donc j’ai assimilé ces crises d’angoisses à des attaques et donc à la mort de façon plus générale.

Comme vous pouvez l’imaginer, ma scolarité n’a pas été facile. Je dirais même que ça a été le parcours du combattant : je refusais d’avaler quoi que ce soit à la cantine (les « dames de la cantines » me gardaient donc jusqu’à la fin de la récréation du midi si je n’avais toujours rien mangé), j’étais extrêmement maigre de ce fait. J’avais des TOC,  je bavardais tout le temps en cours pour me distraire et éviter de penser à quelque chose pouvant provoquer une crise d’angoisse (j’avais donc tout le temps des mots dans mon carnet), j’avais des mauvaises notes comme  je n’écoutais pas… Bref c’était l’horreur, un cercle vicieux.

A ma rentrée au collège ça n’a pas été mieux, le fait de changer d’établissement avait renforcé mes crises d’angoisses… Et en peu de temps j’avais atteint un taux d’absentéisme tenant du record ! Évidement mes petits camarades se demandaient bien ce qui clochait chez moi, et puis comme tout le monde le sait, les enfants ne sont pas tendres entre eux. C’est ainsi qu’en 4ème j’ai été victime d’ harcèlement moral, plein de facteurs sont liés à cet évènement (mes absences a répétitions qui n’étaient pas assez dûment justifiées du point de vue de mes camarades, le fait que je sois un vrai garçon manqué à cet époque et le fait qu’ils me trouvent étrange, bizarre). J’ai vécu la pire année de ma vie, je me faisais insulter, je mangeais seule et parfois même on crachait dans mon assiette, je n’avais plus d’amis. Je crois que niveau angoisse cette année-là, on ne peut pas faire pire.

Enfin est arrivé le Lycée, je n’avais pas changé d’établissement depuis la 4ème et mes anciens camarades de classe non plus. J’en ai donc retrouvés certains dans ma classe de 2nd, mais j’avais pris du recul sur les choses et j’avais décidé de pardonner. A partir de la 2nd j’ai su gérer d’avantage ces crises d’angoisses quand elles se présentaient à moi, et elles se sont faites plus rares.

Je suis tout de même partie faire ma première et ma terminale dans un autre lycée où j’ai rencontré des amies formidables, dotée d’une grande ouverture d’esprit et d’une capacité d’écoute et de compréhension hors du commun ! Je ne les remercierai jamais assez d’avoir été là durant ces deux ans, car si j’ai réussi à avoir mon bac, c’est en partie grâce à elles !

Aujourd’hui (après deux ans d’études dans le tourisme) j’ai repris des études en alternance et je travaille en tant que commerciale dans la concession Honda ! Mes angoisses sont toujours là mais se font plus rares, moins violentes, et surtout je les connais ce qui me permets de relativiser.

stress-4Pin It

Mes petits conseils :

Apprendre à respirer et faire le vide : Oui, oui, cela peut sembler un peu simplet comme ça mais cet exercice est plus difficile qu’il n’y parait et pourtant important à faire quotidiennement (en tout cas chez moi ça marche) ! Cela me sert à évacuer les « mauvaises » tensions, les pensées qui peuvent me parasiter. J’ai appris à « faire le vide », ou à visualiser des choses qui me font du bien (cela peut être un coucher de soleil, un endroit que vous affectionnez et dans lequel vous vous sentez bien…). Aujourd’hui je peux le faire partout sans que personne ne s’en rende compte, je me mets en « mode off » juste quelques instants, quand je sens le stress monter et hop plus rien !

Se faire aider : je ne suis pas sûre en revanche que j’aurais pu en être là où je suis aujourd’hui sans le soutien de ma famille déjà, mais aussi des nombreux psychiatres et thérapeutes que j’ai pu voir durant toute ces années ! Je sais que le sujet des psys est encore tabou, que d’admettre que l’on a un « problème » et qu’il faut se faire aider est parfois difficile… Seulement c’est parfois nécessaire, car la personne que vous allez voir n’est ni de la famille, ni un ami, il a donc un regard neuf sur vous et sur la situation et cela est, de mon point de vue, important pour faire avancer le processus de guérison !

Personnellement j’ai testé pas mal de méthodes : psychomotricien, psys, sophrologues, art thérapie… et enfin l’hypno-thérapie. La dernière méthode est celle qui m’a le plus aidé en toutes ces années de consultations. Après à chacun de tester diverses méthodes pour voir ce qui lui correspond le mieux et où il remarque du changement, des avancées.

Attention tout de même aux charlatans, surtout dans les domaines de l’hypnose !

le-stress-1Pin It

Ne jamais perdre espoir : il est important même dans les moments les plus durs, les plus bas de ne jamais perdre espoir car cet état n’est que passager, car rien ne dure jamais ! Il ne faut pas perdre espoir car nous n’avons qu’une vie et qu’il serait tellement dommage de se laisser engloutir par nos démons, et de nous laisser guider par nos peurs. Aucun de mes proches n’aurait pensé qu’un jour je puisse avoir une vie « normale » et pourtant aujourd’hui j’ai un travail, des études, un appartement depuis mes 19 ans, des amis… j’ai encore des angoisses, des peurs (qui sont parfois difficiles à gérer), mais je m’en sors et j’arrive à vivre ! Et tout cela a été possible car je n’ai jamais perdu espoir, car je savais au plus profond de moi, dans ma chambre de petite fille de 5 ans, que la vie ce n’était pas ça et que je voulais vivre GRAND ! Alors ne perdez pas espoir car au fond de vous vit cette force, cette pulsion de vie capable de tout transcender !

S’accepter/Ne plus avoir honte : Ne plus avoir honte, accepter et accueillir… Chose très difficile à faire. Aujourd’hui encore, les « problèmes psychiques » ne sont pas reconnus autant que les problèmes de santé physique et pourtant, comme je l’ai évoqué plus haut, ils peuvent nuire et empêcher quelqu’un de vire normalement. Les gens restent donc souvent intolérants quand on tente de leur expliquer ce qui nous arrive, pour eux ce n’est pas suffisant comme explication pour justifier qu’on n’arrive pas à aller travailler par exemple (car « tu sais, ce n’est pas une vraie maladie ». J’ai donc souvent eu honte d’avoir des crises d’angoisses, d’ailleurs très peu de personnes sont au courant. Avec le recule je me dis que j’aurais sûrement dû en parler à mes enseignants pour qu’ils comprennent un peu mieux mes absences au lieu de prendre ça pour de la désinvolture et du désintérêt pour mes études ! Voilà pourquoi je pense qu’il faut essayer d’arrêter d’avoir honte, et pourquoi pas en parler d’avantage autour de nous, afin que les crises d’angoisses et leurs effets sur la vie au quotidien soient mieux connue et reconnue.

Se pardonner : Arrive enfin l’ultime étape ! Pendant longtemps j’ai vu l’angoisse comme ma pire ennemie, j’essayais sans cesse de lutter contre elle, je la blâmais, je lui en voulais de me faire subir tout ça. Puis un jour j’ai réalisé que c’était aussi grâce à ma pire ennemie que j’étais qui je suis aujourd’hui ; que c’était grâce à elle que j’essayais de toujours voir le meilleure chez les autres, la beauté dans l’horreur, la lumière dans l’obscurité. Que c’était grâce à elle que j’avais appris l’écoute et l’observation des choses qui m’entourent, que c’était grâce à elle que je désirais plus que tout aider les autres, leur tendre la main, leur dire qu’ils ne sont pas seuls et que je les aime.

En fait mes angoisses m’ont rendue Humaine et jamais je ne pouvais imaginer un jour le dire, mais en fin de compte ces angoisses sont un cadeau car c’est ce qui fait aussi ma force.

lenvolePin It

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

3 Commentaires

  1. Madam Teisseire

    Ton article est criant de vérité, il me parle fortement … Je suis également sujet aux crises d’angoisse depuis toujours et même si on a un entourage sain et aimant, c’est très difficile pour les autres de comprendre que ça peut nous handicaper. Je suis passée par l’hypnothérapie en début d’année et ça à été une révélation !
    Tout récemment j’ai lu un ouvrage qui s’appelle “je dépasse mes peurs et mes angoisses” ce n’est pas un médicament miracle mais ça aide a mettre des mots sur ces maux et de s’apercevoir qu’on est loin d’être seul(e).
    Si ça te branche, j’en parle ici : https://deepspiritfr.blogspot.fr/2016/10/jai-lu-je-depasse-mes-peurs-et-mes.html
    Bonne lecture et à très vite !

    • sarahBlogger

      Merci pour l’astuce, je le lirais avec plaisir ! Je te dirais ce que j’en ai pensée, si ça te dit d’échanger à ce sujet !? 🙂
      Oui, en effet ce n’est pas facile de vivre avec ce “handicape” au quotidien !

Laisser un commentaire