Le droit de mourir

Ma grand-mère est morte. Elle est morte un matin d’été des suites d’une longue maladie. Tu sais, cette maladie qui ne te fait pas souffrir physiquement mais qui détruit morceaux par morceaux chaque visage, instant, souvenir, parcelle de ta vie, jusqu’au jour où tu oublies qui tu es : Alzheimer ! Ou plutôt AlzheiMEURT !

J’ai vu ma grand-mère, une femme cultivée, institutrice, qui m’a appris à lire et à écrire ; petit à petit oublier comment se formait une phrase, un mot, une lettre, puis plus tard comment parler… jusqu’au jour où elle a cessé de reconnaitre mon/nos visages….

Pendant toutes ces années où j’ai regardé ma grand-mère se transformer lentement mais sûrement en zombie, une question, une seule m’obsédait : Pourquoi l’euthanasie est-elle interdite en France ?!

A cause des dérives que cela pourrait entrainer ? Peut-être.

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Mais est-ce réellement humain, intègre, d’enfermer des personnes malades (Alzheimer, cancers…), dans des hôpitaux, EHPAD, en s’acharnant pour les maintenir en vie le plus longtemps possible quand ces personnes, encore conscientes, apte à prendre des décisions, désirent le contraire ?

Par ce que oui, se voir plonger dans la démence, avoir conscience que l’on se précipite dans le néant est une réelle souffrance. Elle n’est pas physique mais morale. C’est une détresse et une douleur permanente pour le malade et pour l’entourage. Vous savez ce que ça fait de voir dans les yeux d’une personne que l’on aime de la peur, la vraie peur. Et ne rien pouvoir faire, absolument rien ? Elle voudrait que ça cesse, que ça s’arrête, que le cauchemar prenne fin ; elle te regarde les yeux embués, elle te supplie car elle sait comment ça finit. Et toi tu es là, et tu ne peux pas lui donner ce qu’elle veut car c’est interdit !

Alors les années passent… tu finis par rendre visite à un mirage, la grand-mère que tu aimais n’est plus, elle est morte depuis longtemps et pourtant son corps est encore là à déambuler dans les couloirs, sans but, une couche aux fesses. Car oui, c’est comme ça que ça finit, dans la merde.

Tu veux parler de dignité ? De liberté ? Nos animaux sont mieux traités. Soins palliatifs* ? Loi Leonetti ? Ce n’est pas suffisant.

Le malade devrait avoir le droit de choisir. Devrait être libre de mourir avant que sa maladie entraine des souffrances intolérables et/ou la dégradation de sa conscience, avant la déchéance tant physique que morale, avant ce que les médecins appellent la « fin de vie » !

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Être libre de sa vie comme de sa mort. Avoir le choix tout simplement. Qui peut s’octroyer le droit de décider à notre place ? C’est notre corps, notre vie, nos choix. Et personne n’a le droit de s’y opposer. C’est se dresser contre notre liberté profonde.

Je crois qu’il n’y a rien de pire que de se savoir condamné, et qu’aucune échappatoire n’est autorisée. Si j’en crois le regard de ma grand-mère, c’est comme tomber dans un puit sans fond.
En France des milliers de personnes finissent par mourir chaque année des suites d’une longue maladie sans avoir pu décider de la façon dont ils désiraient partir…
Alors oui, je suis pour l’euthanasie, et surtout pour la liberté d’avoir le choix !

Informations complémentaires :

Définition soins palliatifs : L’objectif des soins palliatifs n’est pas de guérir, mais de préserver la qualité de vie des patients et de leur famille face aux symptômes et aux conséquences d’une maladie grave et potentiellement mortelle.

Loi Leonetti : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000446240&dateTexte=&categorieLien=id

41 Commentaires

  1. Djahann

    Je suis tellement d’accord avec toi ! Je ne comprends pas qu’on n’avance pas d’avantage comme nos voisins belges. C’est possible d’aller là bas, mais c’est compliqué pour une personne âgée et/ou malade. Pourquoi ne pas faciliter davantage la fin de vie pour ceux qui l’ont choisie ? Sûrement pour éviter les dérives, comme tu le dis, mais bon…. je ne suis pas convaincue par cela. Je pense plutôt qu’il s’agit d’une vieille affaire religieuse qui fait que ça serait mal accepté par la société. Mais comme tous les grands changements sociétaux, ça remue un peu au début, et puis on s’habitue !

    • sarahBlogger

      C’est sur que de partir ailleurs pour se faire euthanasier, quand on est malade est loin d’être confortable à mon avis… Quand on veut mourir, on veut sûrement être chez sois, avec ceux qu’on aime…
      Pour ce qui est de l’affaire religieuse, je ne suis pas sur, je pense que c’est un mélange de beaucoup de choses qui freine l’avancement d’une quelconque loi…
      En espérant qu’un jour nous y arriverons

      Bises 🙂

  2. zenopia

    Je suis complètement d’accord… Ici, l’euthanasie est légale… et je suis contente de savoir que cette possibilité existe pour moi et les miens.
    Gros bisous

    • sarahBlogger

      Oui, avoir le choix, savoir qu’on est pas “coincé”, ou pas obligé de “subir”, a quelque chose de très rassurant je trouve.

      Grosses bisous à toi aussi

  3. Ornella

    Moi aussi je partage ton avis, mais c’est vrai, pour me faire l’avocat du diable que l’euthanasie, c’est aussi beaucoup de responsabilités.

    • sarahBlogger

      Bien sur, tu as raison, mais j’aimerais pouvoir avoir le choix si un jour je tombais gravement malade…
      Bises ma belle

  4. Rozie & Colibri

    Ah MERCI ! Je suis TELLEMENT d’accord avec ça !!!!

    Mais je n’ai pas trop de craintes, je suis persuadée que quand viendra notre tour, ce sera légal et démocratisé. Enfin … Je me fais peut-être des illusions, mais j’en suis sûre. Pour moi, ça devrait faire partie des droits fondamentaux de l’homme, de choisir de mourir, ou plutôt de ne plus vivre dans des conditions déplorables, notamment avec toutes ces “nouvelles maladies” type Alzeihmer qui deviennent monnaie courante.

    On a toujours peur d’une nouvelle idée à cause des dérives, mais il faut arrêter avec ça. OUI, il y aura TOUJOURS des dérives, des gens qui en profiteront d’une manière ou d’une autre, mais NON, ça ne sera jamais la majorité et ça ne devrait pas nous priver d’un droit aussi important.
    C’est l’un des rares sujets sur lequel j’ai un avis tranché.

    Je veux pouvoir choisir de mourir si j’estime que je ne peux plus profiter de la vie, et je me prépare pour que ce soit possible même si c’est illégal le jour où je le souhaiterais.
    C’est drôle parce qu’on en parlait hier avec mon amoureux et nous étions d’accord : si des proches en fin de vie nous demandaient de les aider à mourir, nous le ferions.

    Merci pour cette prise de position !

    • sarahBlogger

      Hello Rozie,

      Je suis entièrement d’accord avec toi, des dérives il y en aura toujours mais comme tu le dis ça sera loin d’être la majorité des cas ! Et comme tu le dis, ça devrait faire partie des droits fondamentaux de l’Homme… Avoir la possibilité de choisir qu’on le fasse ou pas, mais avoir le choix.

      Je te souhaite une très belle fin de semaine

  5. Azylis

    Je suis d’accord avec toi.
    J’ai vu ma grand-mère mourir il y a peu.
    Un cancer du pancréas. Ca n’a duré que quelques mois mais la fin c’était quoi ? Etre en service de cancérologie pour avoir quelque chose contre la douleur mais sans aucune issue que la mort. C’est finir par se faire dessus parce qu’elle était trop faible pour se lever seule et que les infirmières s’occupaient moins d’elle parce que par rapport aux autres patients, elle passait après car condamnée. C’est avoir des escarts puisque sa nouvelle vie c’était d’être alitée. C’est de ne plus pouvoir s’alimenter, de faire de l’insuffisance respiratoire. C’est savoir que ses proches sont venus la voir mais ne pas s’en souvenir parce que trop shootée aux médocs. Et c’est surtout voir les gens que vous aimez vous regarder mourir.

    Ma mère et ses frères et soeur ont beaucoup subi la situation, ils se sont serré les coudes pour faire mieux. Mais personne ne devrait voir sa mère agoniser.
    Chacun a le droit de mourir dans la dignité, dans la sérenité, dans le calme et dans une forme de confort.
    Ma grand-mère n’aurait peut-être pas fait ce choix mais au moins, elle aurait eu le choix.

    • sarahBlogger

      Je suis désolé pour ta grand-mère… C’est tout a fait ça, qu’on décide ou pas de mourir, pour moi c’est primordiale d’avoir le choix ! De savoir qu’on a cette possibilité !
      Et je me battrais pour ça !

      Je t’embrasse

  6. Catwoman

    Cela fait très longtemps que mes grands-mères sont mortes, de cancer. Je ne me souviens que trop bien de cette souffrance. Je me “souviens” aussi de ce médecin qui a augmenté les doses de morphine pour l’une des deux ; augmenter la morphine, on sait ce que cela signifie.

    Je suis d’accord avec toi : on devrait avoir ce choix, ce choix de décider si oui ou non on veut aller jusqu’au bout ! Aujourd’hui, il nous l’est refusé … Et il serait temps que ça change, pour tout le monde : malades et famille.

    • sarahBlogger

      Il y a des médecins qui pratique “l’euthanasie” mais de façon très discret, c’est sur. Je pense que pour eux aussi ce n’est pas évident de voir les personnes souffrir… Malheureusement en faisant ce choix d’augmenter la morphine, ils risquent leur carrière. C’est fou qu’en on y pense… Ne pas avoir le droit de mourir… Je trouve ça dingue !
      Le combat sera encore long à mon avis…

      Grosses bises

  7. La boutonneuse

    C’est difficile d’être pour ou contre, surtout quand on a jamais vraiment été dans cette situation.
    J’ai perdu bien des proches. Mon grand-père il y a quelques mois. Mais je n’ai pas assisté aux journées à l’hôpital, aux longues heures d’attente, à la souffrance pure et dure.
    Faut dire que je suis un peu lâche. J’ai peur de voir la souffrance et de l’affronter même quand il s’agit de mes proches.
    D’un côté j’ai envie de dire que chacun devrait avoir le choix de sa mort.
    Mais tout comme on ne peut décider de sa venue sur terre, pourquoi devrait-on décider de son départ? Même si on le peut (enfin d’une certaine manière).
    Et puis n’est-ce pas là une forme de lâcheté? Cesser de se battre.
    Et puis encore pourquoi “obliger” quelqu’un d’autre à faire le “sale” boulot?
    Comme je l’ai écrit plus haut je suis loin de connaître ses situations donc je ne fais que me poser des questions. Cela doit être horrible de souffrir autant quand on sait qu’il n’y a plus aucune issue.
    Mais n’en est-il pas de même pour tous les mortels?
    Bref !
    J’espère que mes questions ne t’offenseront pas.
    Je partage ta peine et te présente mes sincères condoléances pour la perte de cet être qui t’était si cher.

    • miss13

      Pour répondre à “la boutonneuse”…. Je suis infirmière et je peux te dire que, même si ce n’est pas quelqu’un de proche qui est en face de toi, c’est terrible de voir une personne souffrir atrocement sans pouvoir rien faire, et en sachant qu’elle est condamnée. Je me souviens d’une petite grand mère, qui avait tellement d’escarres qu’on mettait 2 heures chaque jour pour lui faire ses pansements. Ca sentait tellement mauvais dans la chambre que les médecins n’y rentraient quasiment plus…. C’est l’équipe qui a fait le “forcing” auprès du médecin pour qu’il augmente les doses de morphine. Il fallait qu’elle parte doucement. Ce n’est pas le “sale boulot” pour un médecin à mon avis, c’est avant tout un geste d’humanité et c’est très courageux.
      Tu penses que c’est peut être une forme de lâcheté pour les malades de cesser de se battre. Mais les malades d’alzheimer n’ont pas le choix… s’ils pouvaient lutter, ils le feraient. Mais il n’y a aucun traitement. Ma grand mère est décédée de cette maladie, mon grand père du parkinson. Ma meilleure amie a un cancer et elle se bat, elle est très courageuse. Mais si un jour elle n’en peut plus (les traitements sont extrêmement douloureux et fatigants), je comprendrais très bien si elle me disait qu’elle aimerait que tout s’arrête. De même pour les personnes accidentées qui se retrouvent paralysées de la tête aux pieds. Ce n’est pas seulement une question de volonté de lutter.
      J’espère que je ne t’ai pas offensé non plus, je comprends tes questionnements.
      Je souhaite beaucoup de courage à tous ceux qui ont un proche qui est malade.

      • sarahBlogger

        Merci pour ton témoignage, qui me touche beaucoup car il prouve que tout le corps hospitalier n’est pas contre l’euthanasie, ce qu’on a tendance à oublier, je trouve…
        Et l’exemple de la petite mamie me fend le cœur… Finir comme ça est inhumain… Je trouve ça vraiment atroce que l’on puisse persévérer à ce point dans le “maintient de la vie”… Pourquoi en plus ?
        Bref, merci encore à toi pour ces mots.
        Plein de courage à ton amie <3

    • sarahBlogger

      Tu ne m’offense pas, ne t’inquiétè pas 🙂
      Je pense qu’a partir du moment où nous sommes sur cette Terre, nous sommes maitre de notre destin et qu’il est important d’être libre de pouvoir choisir si oui ou non on veut continuer à vivre. Je ne pense pas non plus que ce soit une forme de lâcheté que de désirer mourir car on sait que l’on est condamné et que l’on va souffrir pendant longtemps ou simplement finir par oublier qui on est. Je pense au contraire qu’il faut une certaine forme de courage pour faire le choix d’arrêter de vivre avant que la maladie ne soit “trop” douloureuse ou trop avancée, car l’homme a en lui un instinct très puissant qui le pousse souvent à se battre justement. Je pense donc que les personnes qui font se choix, sont en total accord avec elle-même, et je trouve ça très respectable. Chacun doit pouvoir choisir ce qu’il veut pour lui, et personne n’a le droit, a mon avis, de s’opposer à ça.

      Pour le sale boulot, je pense que c’est tout aussi dur, voir violent de voir des patients souffrir à longueur de journée et parfois pendant des années sans pouvoir rien y faire, ci ce n’est les shooter de médocs de façon a ce qu’ils “ne sentent rien” mais pour moi ce n’est pas ça vivre. Ça c’est juste maintenir des personnes dans un état végétatif.
      Après je peux aussi entendre ton avis, en effet cette question n’est pas évidente. Mais pour moi la réponse reste simple : avoir le choix

  8. Maud

    Ici ça fait débat, on en parle. Ma mère est pur je suis contre. Par exemple si un de mes enfants est malade je ne pourrais pas le résigner à lui enlever la vie donnée. Ce n’est pas un manque d’amour, chacun voit ça comme il veut. Je ne juge nullement les personnes pour, je dis chacun ses choix, et je comprends les arguments. Ma grand mère est tombée malade j’avais 7 ans, handicapée elle a été amputée d’une jambe, jamais je n’aurais voulu la voir partir, elle aussi n’aurait pas voulu nous quitter malgré la maladie, elle est morte au bout de 13 ans, elle nous a entouré de son amour jusqu’à la fin. Mon père est mort il y a 10 ans, il était chirurgien, il avait un cancer il a fait les choix sur sa façon d’arrêter sa chimio car il se savait condamné, il a fait ses choix…. J’aime trop la vie (et crois moi elle ne me fait pas de cadeau pourtant) pour que je puisse décider pour quelqu’un d’autre sur sa vie ou pas. Moi j’ai dit à mes enfants que je ne pourrais pas leur ôter la vie, je ne souhaite pas qu’il m’ôte la mienne non plus. Mais je comprends tout à fait tes arguments et je respecte encore une fois.

  9. Elisa

    Très triste de lire ce genre de choses. Je ne savais pas qu’en France, l’euthanasie n’est pas encore légale. J’espère qu’une loi passera bientôt. Beaucoup de courage …

  10. Laura

    J’ai perdu ma grand-mère également, d’un cancer du colon. Ca reste ma plus grande blessure. Ca a totalement changé ma vision de la maladie et de l’euthanasie. J’étais déjà pour mais maintenant je le suis de tout coeur.
    Elle était condamnée, avait arrêté la chimio qui était devenu inutile. Elle voulait se faire euthanasier, elle s’est renseignée pour la Suisse mais c’était au dessus de ses moyens. Les médecins lui ont dit qu’elle risquait l’occlusion intestinale alors elle a choisi d’attendre que ça arrive (enfin, elle n’avait pas le choix finalement). Elle a écrit une lettre qu’elle emmenait partout avec elle et qui stipulait qu’en cas d’hospitalisation pour son occlusion, elle ne voulait pas que les médecins interviennent. Elle voulait que ça en finisse. Elle était de plus en plus mal. Petit à petit elle n’a plus su se lever, bouger, puis formuler des phrases, elle devenait parano, elle était déprimée. Les médecins lui ont donné plus de morphine et ça en était fini d’elle. Elle aurait pu mourir à ce moment là, c’était pareil. Elle est finalement décédée dans son sommeil un matin très tôt. Elle était déjà partie depuis 3 mois. Mais ce que je retiendrais c’est qu’à cause du fait que l’euthanasie ne soit pas légal et pratiqué en France, ma grand-mère a dû en arriver à espérer mourir d’une occlusion intestinale qui est une mort affreuse. C’est ça qui est inhumain.

  11. Only Laurie

    Je suis complètement d’accord avec toi. Un malade devrait avoir le choix. Au lieu de ça, on se fait de l’argent sur le dos de ces personnes qui abandonnées à leur sort attendent tristement la fin.
    Belle journée
    Laurie
    http://onlylaurie.fr/

  12. leblogdesiana

    Rhhhaaa, mon dieu, cinq minutes a écrire un commentaire et a l’effacer, je ne sais pas comment décrire mon ressentit vis à vis du droit de mourir, ce que je trouve paradoxal c’est que l’on peut choisir comment va se terminer le “chemin” avec la fin soit une urne, ou un cercueil, mais que l’on ne peut pas choisir le moment de sa mort. Je ne peux m’empêcher de penser que les personnes les plus dépendantes sont la pour renflouer les caisses de l’EHPAD, HOPITAL ou autres structures, pourquoi maintenir en vie une personne qui souffre, qui lutte pour la même issue, certes, je ne suis pas confronté à cela et heureusement, maintenant, la question, cette question on se l’ai tous poser au moins une fois, comment réagir face à cela, comment accepter et de prendre la lourde responsabilité de prendre cette décision. Alors oui, demain, ma mère, mon père ne peut plus être autonome a cause d’une maladie, dans un sens je voudrais que ses souffrances cessent, mais egoïstement le garder pour moi encore quelques minutes….

    • sarahBlogger

      Je comprends ton point de vue évidement. Mais le problème n’est pas de choisir pour ses proches, le problème c’est que la personne malade devrait pouvoir décider de ce qu’elle veut pour elle. Après au niveau affectif évidement que c’est dur mais a mon avis, nous n’avons aucunement le droit de décider à leur place… Et tu as raison, c’est assez paradoxale de pouvoir choisir “dans quoi” on va finir mais pas comment on va y aller !

      Bon week-end 🙂

  13. Claire

    J’ai un grand-père et une grand-mère dans cette situation.
    Mon grand-père cumule d’autres pathologies qui rendent la fin de sa vie vraiment compliquée… Ma grand-mère a Alzheimer. Elle ne nous reconnaît plus depuis bien longtemps, sa personnalité s’est évaporée depuis longtemps aussi. Mais elle va bien physiquement, pour ses 90 ans. Et c’est dur de la voir déambuler et se mouvoir sans reconnaître la personne qu’on aimait. De ne voir plus qu’une enveloppe creuse. C’est la cruauté de cette maladie.
    Beaucoup de courage 🙂

    • sarahBlogger

      Je suis désolé pour tes grands parents… Je te souhaite également beaucoup de courage face a cette maladie dévastatrice…
      Bon week-end 🙂

  14. Sarah

    Mon grand père est décédé et avait lui aussi l’alzheimer, ça a été très douloureux de le voir mal, de ne plus nous reconnaître. Je pense qu’il aurait aimer partir plus tôt, avant de commencer à trop souffrir.
    Je suis d’accord avec toi, chaque personne devrait décider de sa mort, ce n’est pas normal de laisser de pauvres personnes souffrir alors qu’elles désirent de partir!
    Beaucoup de courage à toi…

    • sarahBlogger

      J’espère que bientôt nous pourrons choisir… Car comme tu le dis, nous devrions pouvoir choisir !

      Merci 🙂 bon courage à toi aussi, bises 🙂

  15. Camille

    Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Travaillant en maison de retraite en soins je peux te dire que des fois je rentre avec les nerfs parce-que la journée je me suis pris la tête avec des infirmiers/médecins qui pour moi, font des choses inutiles et qu’il y a de l’acharnement thérapeutique… Déjà que les personnes n’ont pas droit à l’euthanasie mais qu’on leur fiche la paix quoi… l’argent l’argent….

    Peut être qu’un jour ce droit sera possible est je l’espère de tout cœur, mais les personnes qui ont écris cette loi ne connaisse rien, du moins je pense, parce que quand tu travailles à l’hôpital tu aimerais voir partir plus d’une personne qui n’en peux plus physiquement et psychologiquement…. c’est inhumain de refuser ce droit….

    Pleins de courage pour toi en tout cas ma belle ♡

    • sarahBlogger

      Merci pour ton témoignage, je suis heureuse de voir que des gens qui travail dans le médical commente, vos points de vue sont très intéressants et importants ! Car ils prouvent que pour vous aussi ce n’est pas facile de voir les gens souffrir… Alors merci pour ton message !

      Beaucoup de courage a toi aussi <3

  16. frenchieingermany

    C’est une grande question…et il est difficile pour moi d’y donner une réponse tranchée.
    Un jour nous y viendrons j’en suis sûre. Mais à côté de la possibilité de l’euthanasie, je trouve important que l’on donne aussi les moyens aux soignants et aux familles d’accompagner les personnes en fin de vie.
    On parle souvent de mourir dans la dignité, mais ce mot me pose question. Qu’est-ce que la dignité? A quel moment décide-t-on qu’une personne n’est plus digne de vivre?
    J’ai une expérience différente de la tienne avec une grand-mère elle aussi atteinte de la maladie d’alzheimer et qui a pu rester chez elle jusqu’à la fin, entourée quotidiennement par des personnes bienveillantes pour l’accompagner. Et malgré tous les dégâts que peut faire cette maladie je ne peux m’empêcher de repenser à ma grand-mère à la toute fin de sa vie assise dans son fauteuil, l’air serein écoutant ses musiques préférées.
    Ce n’est que mon expérience et bien sûr chaque patient, chaque famille à une histoire différente.
    Merci en tout cas pour cet article qui permet à chacun d’avancer sur sa réflexion.

    • sarahBlogger

      Tu as raison, nous avons tous des expériences différentes face à la maladie et la mort. Je pense que c’est à la personne de juger de son état et si la maladie atteint ou atteindra sa dignité, et donc que la décision de mourir lui appartient et à elle seule.
      Et au regard de la loi, je pense que la dignité devrait être “jugée” en fonction de la déchéance tant physique que morale, mais aussi, par extension, à la souffrance intolérable et à la dégradation de la conscience que la maladie peut entrainer. Au quel cas pour Alzheimer le patient devrait pouvoir choisir.

      Merci pour ton petit mot, je te souhaite un beau week-end 🙂

    • Plou

      Pour rebondir sur le commentaire de FrenchieinGermany, je ne pense pas qu’on estime que la personne n’est plus “digne” de vivre, mais qu’elle fait des choses qui portent atteinte à sa dignité et parfois elle s’en rend compte.
      Se faire dessus parce qu’on a oublié, ne plus pouvoir bouger, avoir besoin d’aide pour se doucher, ne pas pouvoir manger sans faire de saleté. Je pense que certaines personnes vivent ça encore moins bien que la souffrance de la maladie, se sentant infantilisé et appauvri.
      Et justement, comme l’IVG, le mariage gay… la question est d’avoir le CHOIX.
      Si nous on ne le souhaite pas pour nous, on ne devrait pas avoir à se poser la question pour des personnes qui le souhaitent !
      On veut le DROIT et pas le devoir de le faire.

  17. stephanie

    Bonjour. Je ne commente quasiment jamais les articles que je lis mais celui-là me touche tout particulièrement. Tu as eu le courage d’écrire sur ce sujet plus que tabou. Moi c’est ma mère qui est en phase terminale de cette maladie. Oui pas ma grand mère, ma mère, qui a été atteinte vers ses 50 ans. Et j’ai vu tout ce que tu décris, la peur dans les yeux, l’oubli, la merde…, la vie gâchée pour elle et son entourage proche. Je suis bien d’accord, les animaux sont mieux traités. Si ça devait m’arriver à moi aussi, j’espère que les choses auront changées et qu’on me laissera le choix de partir dignement. Merci pour cet article.

    • sarahBlogger

      Bonjour Stéphanie,

      Je suis désolée pour ta mère… j’espère aussi que quand viendra notre tour, nous aurons la possibilité de choisir…
      Merci pour tes mots; je t’envoie plein d’amour et de courage <3

  18. CamillesEthic

    Bon voilà. J’ai lu ton article en larmes. Cette maladie me fait énormément peur. La mamie de mon conjoint a cette dernière… et c’est dure… avant que l’on apprenne sa maladie (2 ans plus tard sur les 3 ans de couple avec mon conjoint) je l’ai toujours vu/connu perdue et solitaire. Je trouvais ça bizarre mais je me suis dit c’est son tempérament, puis j’ai compris, j’ai compris pourquoi… et ça m’a pincé le coeur, elle est tellement gentille. Je me suis sentie coupable de ne pas avoir insistée sur ce que je trouvais bizarre, je me suis dit on aurait peut être pu y remédier, mais non je ne pense pas. Je l’admire pour son courage (pour le moment elle se souvient de nous et discute raisonnablement) Mais c’est dur de voir son regard vide, de ressentir sa honte de parler par peur d’oublier des mots, de comprendre qu’elle veut vite être seule même si elle nous aime, elle se sent mal à l’aise avec sa famille. C’est dur de trouver les mots justes, dire ce n’est pas grave, hop on passe à autre chose, on vit l’instant présent. J’ai vu une émission qui parlait de cette maladie, ça m’a bouleversé car elle disait qu’on ne sait pas vivre avec l’instant présent, c’est vrai, et c’est sur ça qu’il faut se raccrocher vivre l’instant mais ce n’est pas simple. Et vivre l’instant quand la personne ne souvient plus de rien, ça rime à quoi? J’ai peur de l’évolution de la maladie. Oui pour les malades ce droit de mourrir devrait exister mais pour les proches par égoïsme… ça serait dur à accepter même si c’est encore plus dur de voir se dégrader une personne que l’on aime, il faut penser au principal intéressé et travailler notre philosophie de la mort. J’ai connu une personne pour qui la mort est la suite d’un cheminement, elle a une certaine philosophie qui lui permet d’accepter la mort, c’est très admirable et on devrait apprendre à l’école ce sujet là pour se protéger et être moins déstabilisé…

    • sarahBlogger

      Merci Camille pour ton commentaire, je suis désolée pour la grand-mère de ton conjoint… Cette maladie n’a aucun traitement, malheureusement, donc tu n’aurais pas pu faire grand-chose de plus… Ne t’en veut pas pour ça…
      Je comprends que pour nous, les proches, ce soit difficile de voir un être aimé vouloir partir mais comme tu le dis, il faut penser au principal intéressé :/
      Et oui, certaine personne sont très sereine face à la mort, et je trouve ça assez admirable comme tu dis !

      Je t’envoie plein de courage, passe un bon week-end <3

  19. Marie E.

    Outre le sujet de l’euthanasie, ce que je retiens particulièrement de cet article aujourd’hui c’est cette impuissance que nous avons de voir nos proches d’en aller tout doucement sans ne rien pouvoir faire. Cela fait quelques années que je vois mon grand-père diminué physiquement et mentalement, et que c’est dur. Dernièrement, il se rend compte, il réalise, il a peur… Et je suis/nous sommes là impuissants, à vouloir remonter le temps.
    Mes quelques mots ne changeront pas grand chose, mais après cette lecture j’avais besoin de poser ces quelques lignes. Merci pour cet article Sarah.
    À bientôt,

    • sarahBlogger

      Je suis désolée pour ton grand-père Marie… Je te souhaite plein de courage et je t’envoie plein d’amour <3
      Bises et à bientôt

  20. Emmanuelle CM

    Je me retrouve un peu dans ton article. Il est très difficile de voir un proche perdre peu à peu son esprit, de se rendre compte qu’il ne nous reconnait même plus.

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