Être adulte ? Ça veut dire quoi ?

Être adulte ? Cette notion a toujours été abstraite, subjective pour moi… Après tout il y a bien des adultes qui se comportent comme des enfants et des enfants comme des adultes… Pour beaucoup adulte rime avec maturité, pour certain ce sont les expériences de vie qui font qu’on le devient et pour d’autres c’est l’âge qui définit cette transition.

Personnellement, j’ai commencé à me sentir « adulte » un peu malgré moi, le jour où j’ai vue et compris qu’un adulte (un parent dans mon cas) a lui aussi, des blessures, des failles et n’est finalement qu’un Homme.

Je crois que j’ai réalisé ça assez tard, car je ne voulais pas voir, pas croire qu’un adulte puisse être faillible. Je voulais continuer à pouvoir « m’appuyer » sur un adulte que je pensais « plus fort que moi »… Surement car je n’avais pas confiance/conscience de mes propres ressources intérieures.

Mais j’avoue que je ne pensais pas que ce « passage » a l’âge adulte ferait si mal, je l’ai vécu/le vit un peu comme un deuil, une désillusion… car plus je m’éloigne de mon environnement familial et plus je prends conscience de schémas que je ne veux jamais reproduire. Des situations qui me paraissaient incompréhensibles, illogiques mais que je subissais (car j’étais enfant) et qui finissaient par créer en moi des angoisses et de la souffrance.

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Oui, le plus dur, pour moi (qui ai peur de la solitude et de l’abandon) est d’avoir pris conscience qu’en fin de compte j’ai souvent été plus adulte que mes parents. Aujourd’hui encore quand je vois certains de leur comportements et agissements, j’ai l’impression de me retrouver face à des enfants. Et c’est ce déséquilibre qui me fragilise encore, car je ne me sens moi-même pas adulte (totalement) et j’aimerais parfois solliciter encore chez eux de l’aide, qui je sais, n’arrivera pas.

Et finalement c’est cette attente permanente d’aide qui n’est jamais arrivé chez eux (peut-être pas sous la forme que je désirais) qui m’a faite me sentir abandonnée, et qui a généré chez moi beaucoup d’angoisse… Je crois aussi que c’est pour toutes ces raisons que je ne veux pas d’enfants

Alors finalement devenir adulte qu’est-ce que ça veut dire ? Payer des factures ? Avoir un travail ? Avoir un salaire ? Des enfants ? Des responsabilités ?

Je crois finalement qu’on devient adulte un peu plus chaque jour, en fonction des évènements et expériences que l’on rencontre sur notre chemin. Encore une fois chacun fait du mieux qu’il peut avec ce qu’il a. Et chacun agit et pense différemment, chacun sa vision de lui et de l’adulte qu’il est. A chacun sa vérité.

Et vous alors ? Êtes-vous adulte ?

15 Commentaires

  1. Rozie

    Pour moi aussi, c’est un concept très lointain “être adulte”. Mais pour des raisons différentes.

    Dans mon monde d’enfant, je voyais vraiment les adultes comme des personnes, certes fortes et infaillibles, mais surtout “grises” : elles doivent suivre un tas de règles qu’elles imposent ensuite aux autres, elles sont carrées et semblent fonctionner comme des robots, en automate. Obligé de faire ci, de faire ça, et c’est comme ça, et c’est comme ci, et on n’a pas le choix, on n’apprécie pas mais on fait quand-même.

    Ca me rendait très perplexe (et ça en dit long sur le comportement de ma famille … Hmmm.). Mon monde a moi était technicolor, tout en nuances, riche d’odeurs, de couleurs, de sensations, et de libertés. Je me demandais comment, à partir de quand, on perdait ça (un peu comme si on devenait daltonien petit à petit, la vie qui s’affadit).
    Ca me faisait très peur car c’est une croyance que j’ai gardée longtemps ! A l’adolescence, à chaque anniversaire je déprimais. Ca m’angoissait terriblement de changer pour devenir “ça”.

    En ce moment, je pense beaucoup au fait que cette année je vais avoir 26 ans, et que là, il n’y a plus de doute possible, c’est un âge d’adulte ! J’ai une vie d’adulte. Un “métier”, un mari, une maison, un chien, et quelques responsabilités à droite à gauche.

    Est-ce que je me sens adulte ? Oui, parce que je suis bien dans mes baskets, je n’ai pas peur et tout roule. Je me sens forte. Et non, parce que je n’ai pas perdu mon monde en technicolor, au contraire ! Il ne cesse de s’étendre encore.

    J’ai compris, comme toi, que l’adulte n’est pas ce que j’imaginais et que j’apprends des choses à mes parents, que je suis parfois plus réfléchie qu’eux et qu’ils ont besoin de mon point de vue pour être guidés. Le monde à l’envers ? Je n’en suis pas si sûre. Il me semble, avec l’expérience, que c’est souvent comme ça.

    Bises, Sarah !

    • sarahBlogger

      Hello Rozie,

      Je voulais aussi aborder ma peur, comme toi, de devenir en grandissant un adulte “fade et gris” mais je me suis dit que ca ferait un article trop conséquent ahhah. Donc je te comprends a 100% quand tu dis ça !
      Et comme toi, je déprimais a chaque anniversaire et encore aujourd’hui… Le temps qui passe et tout ce que ca implique, ca me donne le cafard !

      Je crois que je ne me sens pas encore totalement adulte pour ma part car je n’ai pas encore assez confiance en moi et mes ressources, j’ai l’impression d’avoir sans cesse besoin d’aide (même si je n’en demande pas). Donc je suis loin de me sentir forte, comme toi !

      C’est vrai que c’est le constat que j’ai fais avec beaucoup d’amis, beaucoup ont l’impression d’être plus “mature” que leurs parents.

      Des bises Rozie

  2. Aurore

    J’ai clairement eu différentes phases à ce niveau. La première a été ma première prise d’indépendance en devenant étudiante, en partant de la maison en semaine et puis il y a eu les plus gros départs à Paris ou en Finlande ou là le retour dans la famille n’était possible qu’à l’occasion. Et, il y a la phase que je suis en train de vivre maintenant, la plus difficile celle de trouver l’indépendance financière. Alors clairement devenir adulte se résume beaucoup pour moi avec l’obligation d’accepter de nouvelles responsabilités.

    Mais pas seulement. Je te rejoins aussi beaucoup sur la découverte du côté faillible des adultes et en premiers lieux des parents. La découverte d’un monde beaucoup plus complexe que les gentils vs les méchants qu’on nous donne avec les histoires petits.

    Et puis dernier point, je trouve que malheureusement cette découverte de la vie adulte vient aussi avec la découverte de l’isolement. En grandissant, on se rend compte que tout le monde est un peu occupé avec sa vie et ses problèmes et c’est finalement très difficile de trouver quelqu’un sur qui se reposer, quelqu’un à qui on peut vraiment se confier et trouver de l’aide !

    • sarahBlogger

      Aurore comme je te comprends quand tu parles de l’isolement… J’ai pris de plein fouet cette réalité, que j’ai eu beaucoup mal a accepter… Encore aujourd’hui j’ai du mal a m’y faire.
      C’est vrai aussi que l’indépendance financière va souvent de paire avec l’age adulte aussi !

      La transition est pas facile en tout cas je trouve ahahah

      • Aurore

        Totalement, la transition est loin d’être évidente pour beaucoup de personnes d’ailleurs mais on en parle peu et je trouve ça dommage !

  3. Morgane

    Grandir a toujours été un problème pour moi. Cela veut dire lâcher prise et laisser le temps faire son oeuvre et donc d’une certaine manière perdre le contrôle. Je sais que c’est nécessaire. Mes parents m’ont toujours poussés pour franchir les petites étapes de la vie (apprendre le vélo, la natation, passer le code, le permis) et je c’est que tout cela est pour mon bien. Il faut juste que je prenne confiance en moi et accepter que oui, je grandis et que c’est loin d’être une fin en soi 🙂

    • sarahBlogger

      Hello Morgane,

      Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage, c’est difficile d’accepter de grandir !

  4. Pêche & Églantine

    Une part de moi pense que nous ne devons adulte que lorsque l’on a nous mêmes des enfants. Lorsque nous devenons parents et que nous devenons responsables d’autres êtres que nous-même.
    Mais alors quid de ceux qui ne veulent pas en avoir, de ceux qui ne peuvent pas et de tous ceux qui “ne devraient pas” le devenir ?
    Peut-être que cela dépend plus des circonstances, des évènements que nous traversons et de la manière dont nous réagissons. Mais alors est-ce un comportement ? Une façon de penser ? Un tout ? Est-ce pour toujours ou seulement l’espace de certains instants ?
    Je t’avoue que ton article amène de nombreuses réflexions très intéressante mais je risquerai de m’éterniser et de paraitre un peu perchée si je continue comme ça 😉

    En tout cas merci pour ce chouette article !
    A bientôt,
    Pêche

    • sarahBlogger

      Non, tu as raison et je comprends tout a fait ce que tu veux dire ! J’aurais tendance a penser un peu comme toi, je dirais qu’a des moment précis un Homme peu se comporter comme un enfant alors que au niveau de l’age il est considéré comme un adulte et que parfois (et heureusement) il agit en tant que tel. Et je pense surtout que le tout dépends des expériences que l’on fait tout au long de notre vie Ahahaha

      Bises et a bientôt 🙂

  5. Pauline

    Mon avis :
    Etre adulte c’est être autonome et indépendant. Financièrement, et dans la vie. Au delà de ça, nous sommes tous des enfants, des grands enfants, avec nos jouets, plus cher et souvent plus encombrants. La maturité et les comportement relève d’autre chose je pense. Même si elle l’accompagne souvent.

  6. Ornella

    C’est exactement le sujet du roman que je suis entrain d’écrire et qui a pour toile de fond, mon Islande chérie.

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