Coup de gueule : éthique, alimentation…

Cela fait maintenant 4 ans que j’ai décidé de changer de mode de vie pour me diriger vers une philosophie de vie plus « éthique » et plus en accord avec mes valeurs profondes. Je suis consciente qu’il me reste beaucoup de chemin à parcourir, mais j’apprends tous les jours et c’est ça qui me plait.

Seulement voilà, je remarque que beaucoup de personnes ayant déjà effectué leur transition (la finit-on un jour ?) «Ou qui sont déjà bien avancés », ont tendance à critiquer ou à être intolérantes face à celles qui débutent leur transition. Et je dois dire que ça commence à me courir sur le haricot

Éthique et convictions personnelles :

Il faut savoir que sous le mot « éthique » se cachent beaucoup de définitions différentes qui parlent plus ou moins à notre cœur, à nos valeurs. On peut être éthique vis-à-vis de notre corps (par exemple : vêtements, produits, aliments qui n’intoxiquent pas notre peau, notre corps), on peut être éthique « socialement » (par exemple : faire attention à ce que les personnes qui fabriquent les produits travaillent dans de bonnes conditions…), l’éthique vis-à-vis de l’écologie etc…

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a des sujets auxquels nous sommes plus sensibles que d’autres, des sujets sur lesquels nous sommes mieux informés que d’autres, des valeurs qui nous sont plus ou moins chères… Cela dépend de notre éducation, de notre environnement, de notre curiosité etc

Quand on décide de changer de mode de vie, de consommation, on a tendance à se diriger plus facilement vers les éthiques qui nous sont chères (car c’est plus facile de commencer par les choses qui nous tiennent à cœur). On essaye de bien faire, on tâtonne, parfois on pense faire de bons choix (par exemple on se lance dans le bio en commençant par le rayon BIO des grandes surfaces et plus tard on se rend compte qu’il vaut mieux acheter dans des coopératives, sur les marchés, en vrac etc)… On se trompe mais ce n’est pas grave. L’important c’est de commencer et de faire !

En revanche ce qui me dérange, ce sont les personnes moralisatrices, qui cassent ce genre d’initiatives ! Oui, vous savez, les « je sais tout » de l’alternatif ! Ceux qui guettent le moindre « faux pas » que tu pourrais faire, afin de te reprendre sur ta façon de consommer.

(je vous ai fait une petite illust des différents éthiques (il y en a d’autres) )

differentes ethiquesPin It

Le nombre de commentaires violents, moralisateurs voir haineux que je vois sur les forums quand une personne ose poser une question car justement elle n’y « connait rien » : « c’est pas zéro déchet », « c’est pas cruelty free », « la composition n’est pas impeccable », « quand on n’y connait rien, on évite de l’ouvrir »…  En soit, c’est peut-être vrai, mais honnêtement ça ne vaut pas un flot de commentaire haineux… En plus, il n’y a rien de mieux pour dégouter quelqu’un qui entame sa transition…

D’autant plus que, même en voulant faire au mieux, il y a peu de produits qui remplissent tous les critères de toutes les éthiques !

Alors au lieu de jouer aux sermonneurs, encouragez ! Donnez de l’information, et des alternatives !

Dans la situation du monde actuel, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés !

Sans compter que les « mouvements alternatifs » ont plutôt tendance à prôner la bienveillance et la tolérance… je cherche encore perso…

Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es :

Bon, je sens que ça va être LA partie houleuse de l’article, mais tant pis, là je craque !

Depuis quelques années on assiste à l’émergence de différents « mouvements », « régimes » alimentaires : végan, sans gluten, végétarien, végétalien, crudivore… et plus récemment le « flexitarisme »…

Grâce aux médias, ces « régimes » alimentaires ont pu se développer et enfin se faire connaitre et entendre. Seulement voilà aujourd’hui c’est trop, en tout cas pour moi. On finit par s’y perdre, et surtout on se juge maintenant par rapport à ce que l’on mange !

Comme si notre régime alimentaire était devenu un statut social. On affiche sur les réseaux sociaux (notamment instagram) notre « statut » alimentaire. On voit dans les « stories », des personnes qui tiennent des propos véhéments contre ceux qui « osent » encore manger de la viande ! Comme si tu étais une bonne ou une mauvaise personne en fonction de ce que tu manges.

Et moi, ça, ça me fait hurler. Je trouve extrêmement délicat le fait de juger une personne sur son régime alimentaire… nous n’avons pas tous le même corps, les mêmes « besoins », les mêmes intolérances etc…

viande rougePin It

Personnellement, je dirais que je ne rentre dans aucune « case ». Je n’ai jamais été fan de viande et étant sensible à la cause animale, je me suis naturellement tournée rapidement vers un régime « végétarien » à tendance « végan ».

Mais au final ma phrase ne veut rien dire puisque quand je suis invitée chez des amis ou de la famille, et qu’il y a de la viande au repas, je ne dis pas non. Ça ne me fait pas plaisir, mais je me vois mal repousser un plat que ma grand-mère a mis longtemps à préparer.

Il m’arrive encore de consommer du miel, des œufs, ou de manger des lardons car mon copain, qui fait à manger et qui n’a pas le même régime alimentaire que moi (justement), fait des pâtes carbonara.

Idem, je souffre du syndrome du côlon irritable, donc quand je mange trop de crudités, je suis malade.

Bref, tout ça pour dire que je trouve certains jugements hâtifs. On ne connaît pas l’histoire, la santé et le corps de l’autre aussi bien que lui. Et comme pour l’éthique, nous n’en sommes pas tous au même point… Soyons tolérant !

Comme dans l’expression je finirai cet article en disant : « occupez-vous de votre assiette avant de regarder dans celle des autres »

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

légumePin It

 

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14 Commentaires

  1. Anne-So - Ze PermaLab

    Hello Sarah 🙂

    C’est vrai que les commentaires haineux ne sont pas encourageants. C’est contre-productif et révélateur d’un gros malaise. Toutefois, ce malaise (côté commentateur), je le comprends, parce que je le ressens encore parfois : comment accepter que de telles monstruosités soient infligées à nos concitoyens non-humains pour des motifs tels que “je ne peux pas dire non au repas qu’on me propose” ou “j’aime trop ça je pourrais pas m’en passer” ? Il s’agit de la vie d’êtres qui n’ont rien fait ni rien demandé à personne et n’ont pas moins droit que nous à disposer de leur existence. Naître au “sommet de l’échelle sociale” n’autorise pas les nantis à s’asseoir sur ceux qu’ils estiment inférieurs. D’autre part, quant à l’exemple que tu donnes des gens qui se renseignent sur des forums (manifestement de façon maladroite – là, puisque je n’ai pas les exemples dont tu parles sous les yeux, je conjecture seulement, à prendre avec des pincettes donc), je vois d’une part que si ces personnes n’ont pas fait de recherches préalables, il est compréhensible que ce soit irritant pour ceux qui reçoivent la question (genre j’attends que ça me tombe tout cru dans le bec, c’est plutôt contraire à la démarche d’implication justement) ; aussi, et c’est pareil que quand tu bosses dans un service client, à force, répondre aux questions posées mille fois (et dont la réponse est souvent très facile à trouver) ça rend fou, ça énerve, c’est chiant. Je ne dis pas par là que je cautionne ces réactions de colère, bien au contraire, mais je les comprends. Le mieux pour ces personnes tendues serait de faire un break et d’aller respirer un coup (ça prend parfois des mois voire des années pour se détendre là-dessus) ; Internet est le lieu de toutes les haines, de toutes les violences. Trop de réseaux tue les sociaux, et c’est vraiment important de prendre conscience de ces choses-là à mon avis – même quand on n’est porté ni sur les réseaux, ni sur les réactions colériques/haineuses, à force de voir passer de la haine et des obscénités, on finit par se laisser gangréner, il est crucial de lâcher du lest.

    Autre point sur lequel je me permets de réagir, c’est le fait que tu ne refuses pas un plat qui ne te fait pas plaisir et qui va contre ta sensibilité. De mon expérience, quand tu es ferme et que tu expliques aux gens (et même à ta grand-mère mamie gâteau) pourquoi tu ne veux plus manger ci ou ça, ça se passe en général très bien. Les cas où ça se passe mal (ou plutôt où ça ne se passe jamais), c’est souvent dû aux peurs que l’on projette sur cette affirmation de soi : rejet, incompréhension, colère, etc. Souvent, ces peurs sont infondées. Le simple fait de prendre la chose simplement et avec le sourire rend les choses simples et plaisantes. Accepter la garniture mais pas le morceau de chair qu’on te tend ne fais pas de toi un monstre (au contraire) et n’offusquera pas ton interlocuteur. En 10 ans de végéta*isme, je n’ai été mal reçue qu’une seule fois, et c’était dans une brasserie parisienne – pourtant, grand-parents comme belles familles n’étaient pas, a priori, destinés à faire dans la philantropie. Pareil pour la cohabitation avec quelqu’un qui ne partage pas (encore :P) tes convictions : c’est possible aussi de faire en sorte de satisfaire chacun. Bref, ne vois pas là une leçon de morale ; c’est un retour d’expérience et des pistes de réflexion/action 🙂

    Et pour finir : j’ai jamais compris cette idée saugrenue de “flexitarisme”. On appelle ça être omnivore. Ça, c’était mon coup de gueule perso 😉

    En fin de compte, le plus simple, c’est encore de se tenir le plus éloigné possible des foyers de haine ; ça rend la vie carrément plus belle et sereine !

    Des bisous, et une belle journée à toi !

    • sarahBlogger

      Hello Anne-So,

      Wouaaa quel commentaire ahahah! Bon je ne vais pas revenir sur tout ce que tu as dis mais j’ai bien tout lu 🙂

      Pour ce qui est des repas de ma grand-mère, je parles des repas de famille comme noel, car quand je mange seule avec elle, en effet, elle ne me fait pas de viande 🙂
      Mais quand nous sommes nombreux… C’est différent et c’est vrai que lors des fêtes comme Noel, j’ai encore du mal à lui dire non :/ mais ça va arriver petit à petit 🙂

  2. Leslie - Tache de Rousseur

    Je pense que certes chacun est unique et doit avoir une alimentation adaptée à sa physiologie, mais je pense aussi que vu l’urgence actuelle au niveau environnemental il faut voir plus loin que le bout de son nez. Quand on sait que l’élevage est le poste qui dégage le plus de gaz à effet de serre (plus que les transports), qu’il favorise la déforestation de l’Amazonie, les inégalités nord-sud… et qu’en plus de ça il implique une immense souffrance. Bah on adapte son mode de vie en conséquence. Et par là je ne veux pas forcément dire être le parfait petit végan (personne ne peut l’être quand on sait que les pneus des voitures contiennent des produits animaux) mais juste faire des efforts, avoir des convictions et s’y tenir dans la mesure du possible.
    Si tu refuses de la viande une fois la fois d’après tes hôtes n’en feront sûrement pas, voire même cela les fera réfléchir et ils en mangeront moins d’eux-même 😉

    • sarahBlogger

      Merci pour ton commentaire, bien sur dans l’état actuel du monde il est important de réagir 🙂
      Seulement je trouve dommage que certaines personnes découragent celles qui commencent a peine leur transition (dans tous les sens du terme)

  3. CamillesEthic

    Ouuf quand j’ai vu le titre de ton article je me suis dit oh non encore qq qui inflige sa morale et sa vision de l’éthique ah ah ! Et oui, comme toi je pense que l’éthique n’a pas de fin, personne n’est parfait et il y a tant de choses à apprendre car ce n’est pas la société qui va nous aider 😉

    100 % d’accord avec toi sur l’alimentation, ça devient relou ! Déjà afficher ce que je mange ce n’est pas mon truc… Je montre juste la bouffe que j’ai kiffé mais pas de viande car de une je kiffe sans plus (alors pourquoi en acheter ? Le chéri en réclame et je ne me vois pas aller chez le boucher pour une tranche de jambon et un steak haché) et de deux je déteste le jugement, je mange de la viande mais pas en grande quantité (merci aux alternatives) je n’achète rien en GS, uniquement chez le boucher et ça me convient. Pourtant je suis très très sensible à la cause animale alors oui ça me peine… je suis gourmande et je m’en veux (genre au resto le plat magret de canard aux pommes et miel ça me fait craquer oui oui) mais c’est ainsi et j’en ai conscience, j’avance à mon rythme.

    J’ai eu ma période où j’ai voulu devenir végé (plutôt flexi) mais finalement j’ai abandonné l’idée (ça changera peut-être mais je ne me mets pas la pression) Mon éthique en alimentation c’est de consommer peu de viandes (avec alternatives) puis surtout bio et/ou local car comme tu dis l’éthique est bien plus vaste !

    • sarahBlogger

      Hello 🙂

      Merci pour ton petit commentaire, avance a ton rythme sans pression, c’est déjà bien de faire ce que tu fais ! 🙂
      Et puis une transition réussie est une transition voulu 🙂 griller des étapes pour “bien faire” peu parfois dégouter et décourager. Marche après marche !

      Bon week-end 🙂

  4. Ornella

    Ton article est intéressant. Il reflète ma pensée aussi. C’est comme tout, les idéaux créent du communautarisme et une sorte de fanatisme. Le manque de nuances nuit à tout le monde. C’est dommage de faire preuve d’une telle violence quand les desseins sont si bienveillants et pacifiques. A la loupe, on assiste à l’un des plus beaux exemples de l’incohérence humaine.

  5. Marie E.

    Merci, juste MERCI !
    De nos jours nous sommes mis dans des cases sans que l’on ait rien demandé à personne et on se voit recevoir des reproches. Ma prise de conscience vis à vis de plusieurs aspects éthiques que tu exposes dans ton article se produisent peu à peu. Lorsque j’échange sur ces sujets là, il est important pour moi de n’émettre aucun jugement, mais plutôt d’encourager chaque petit pas, petit geste… Je trouve ça incohérent de vouloir prôner de jolies valeurs tout en critiquant les gestes des autres vers ces mêmes valeurs, plus petites ou minimes soient-elles…
    A bientôt,

    • sarahBlogger

      Hello Marie,

      Tu as raison, d’autant plus que nous avons besoin de toutes les personnes qui commencent a changer de mode de vie !

      Belle fin de semaine 🙂

  6. Irène

    Je suis à la fois d’accord et pas d’accord… je m’explique ! Je suis d’accord avec le fait de rester humble, bienveillant, de balayer devant sa porte, de ne pas être moralisateur en permanence etc, même carrément d’accord avec ça. Mais par contre pour moi un choix éthique ne se garde pas entièrement “pour soi”. Si les choses changent, c’est parce que certains engagements se multiplient, et est-ce que ça aura vraiment lieu si on n’essaie jamais de convaincre ? Pour moi c’est une question de contexte, il y a des moments plus adéquats que d’autres pour plaider, défendre son choix, suggérer des choses autour de soi… Mais il faut le faire quand même ! C’est sans doute lié aussi à ma vision politique : je considère que les petits gestes sont très importants pour soi, pour se sentir cohérent, pour interpeller et amener la discussion.. mais c’est tous ensemble en militant et en parlant de son choix autour de nous qu’on peut amorcer une évolution réelle 🙂 Je te remercie d’avoir fait part de ton ressenti, au plaisir de te lire

    • sarahBlogger

      Hello Irène,

      Je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait d’en parler, et comme tu dis, suggérer des solutions, des alternatives. Ce qui me gène ce sont les personnes qui essaye d’imposer leur choix sans connaitre la vie/ la santé de la personne qu’il y a en face…

      A bientôt 🙂

  7. Weill Anouk

    Je suis tout à fait d’accord avec toi!

    Je ne mange plus de “viande”, mais, toutefois, je m’accorde certains ” écarts de confort”. Qu’est-ce que j’entends par là? Il s’agit d’une des situations que tu as évoqué: ma grand-mère qui a mis son coeur dans la préparation d’un bon petit plat. Alors oui, je ne prends pas un “plaisir” intégral à déguster ce plat car je garde en tête la présence de chair animal, mais je ne me vois pas repousser mon assiette.
    Je cuisine végétarien voir végétalien toute seule chez moi mais, en aucun cas je suis moralisatrice avec mon copain qui consomme de la viande ( et plus largement ma famille & mes amis). Il a fait énormément d’efforts en réduisant sa quantité de viande et il est de plus en plus en plus ouvert aux alternatives végétales. Je suis écœuré lorsque je lui cuisine son poulet mais je fais avec. Il faut voir le verre à moitié plein et non à moitié vide. 😉

    • sarahBlogger

      Et puis l’important c’est d’être bien dans ses baskets, et en accord avec soi 🙂

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