Chronique d’une angoissée : Les fondations

L’angoisse c’est ce froid dans mon dos, cette ligne invisible sur laquelle je joue au funambule, la terre qui tremble et se dérobe sous mes pieds… cette sensation que je connais par cœur et qui ne me manque pas.

Parce que pendant des années je tombais à l’intérieur de moi-même sans avoir de socle auquel me rattacher. J’étais le vide qui me dévorait. Je côtoyais les profondeurs de mon âme sans voir la lumière, et j’ai failli m’y perdre plus d’une fois.

J’ai cru à la folie pendant longtemps tellement je déconstruisais toutes les réalités qui m’entouraient, tellement je ne savais pas qui j’étais, tellement l’incertitude me gagnait… J’avais sans arrêt l’impression de vivre des situations burlesques et hallucinantes que mon cerveau essayait tant bien que mal de rattacher à une potentielle réalité. Mais j’étais comme déconnectée/dissociée.

C’est ce qui se passe quand on vit des évènements dit « traumatiques ». Le cerveau débranche. Et ça laisse des traces, des angoisses notamment.  

Le chemin vers la résilience est un chemin long et d’extrême solitude, car même accompagné, c’est avec soi que tout se joue… c’est un chemin, qui, je crois dure une vie.

Le plus difficile est de devoir soi-même créer les fondations de sa maison intérieure à partir de rien. Ou pire devoir d’abord détruire le peu de « fondations moisies » qu’on a pour tout reconstruire. Dans les deux cas, c’est comme bâtir une maison sur des sables mouvants…

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Les nouvelles fondations

Mais parfois, il se produit quelque chose de magnifique : un jour, sans savoir pourquoi, au fond de soi on trouve une étincelle, une petite lumière très faible mais qui est pourtant là. Alors, on s’y accroche fort, très fort. Et on ne la lâche plus. Cette étincelle, c’est quand tu décides de croire en toi.

Alors les fondations se solidifient et l’ébauche d’une maison solide apparait.

Les angoisses se font plus rares car le socle qui te manquait pour ne pas tomber est enfin là. Cela ne veut pas dire que tu ne tomberas plus, mais tu as enfin quelque chose à quoi te raccrocher.

Ça fait peur de ne compter que sur soi pour s’en sortir, ça veut dire se faire confiance, se dire qu’on a de la valeur. C’est décider de miser sur soi.

J’apprends et construis ma belle maison tous les jours, avec des valeurs qui me sont chères, avec des expériences de vie, avec mes passions, avec mes rêves, de la bienveillance et de gratitude, avec tout ce qui m’enrichis et me fait évoluer vers celle que je veux être.

J’apprends à tempérer à mettre de la distance, à ne pas absorber, à faire le tri de ce que je trouve laid, ce qui me déplait, de schémas qui ne me conviennent pas…

Et finalement, ça y est,  ma maison est là : solide !

4 Commentaires

  1. Stéphanie

    Tu as raison, toi seule peut construire ou rebâtir tes fondations.
    J’espère que tu as quand même une épaule solide sur laquelle t’appuyer de temps en temps, le temps d’une pause entre deux étages!
    A bientôt

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